Frédérique Ries







(Re)constitution du groupe d’Amitié Union européenne-Maroc

06/22/2011

Après plus de deux années de déshérence, le Groupe d’Amitié Union européenne-Maroc s’est enfin reconstitué ce mercredi au Parlement européen.

Une nouvelle étape importante dans notre rapprochement avec ce partenaire privilégié, et ce au moment crucial où le Maroc engage des réformes fondamentales pour l’avenir du pays.

J’en assumerai la Vice-présidence aux côtés du Président Gilles Pargneaux, mon collègue socialiste français qui est à l’origine de cette initiative.

Malgré la session plénière en cours, la séance inaugurale a rassemblé une vingtaine de collègues de groupes et de pays différents. Beaucoup de Français et de Belges, sans surprise, mais aussi des Portugais, des Roumains, des Italiens… Avaient tenu à marquer leur soutien dès le départ Annemie Neyts, ma collègue Open-VLD coordinatrice de la commission Affaires étrangères pour les libéraux, Mario David, Portugais et Président de la Délégation Mashrek, Rachida Dati, Française et ancienne Garde des Sceaux, Cristiana Muscardini, Italienne, Vice-Présidente de la Commission du Commerce international, Cristian Preda, Roumain ainsi que mes collègues socialistes belges Frédéric Daerden, Marc Tarabella et Saïd El Khadraoui. Ceci pour ne citer que quelques noms.

Après les discours d’introduction de Gilles Pargneaux et de l’Ambassadeur du Maroc auprès de l’UE Menouar Alem, un premier échange de vues a permis de baliser les enjeux, les défis, ainsi que les attentes de chacun.

Un groupe d’Amitié n’a certes pas vocation à remplacer ou dupliquer les Délégations officielles existantes (au nombre de 41 au PE, en l’occurrence ici la Délégation Maghreb et la Commission parlementaire mixte PE/Parlement marocain). Il s’agit plutôt, comme dans les nombreux groupes d’amitié existant au sein des parlements nationaux ou fédéraux, d’apporter une valeur ajoutée à la qualité des relations avec le Parlement européen, de renforcer les liens d’amitié avec le Maroc, et de l’accompagner sur la voie de la modernité, et de l’enracinement des valeurs démocratiques pérennes que nous partageons.

J’ai personnellement insisté sur ce dernier point. L’importance pour nous d’être aux côtés du Maroc dans ce contexte difficile, périlleux même, de l’atterrissage démocratique des révolutions dans le monde arabe. Ce combat entre un courant démocratique, humaniste et libéral, j’ose le terme, farouche défenseur des droits de l’homme, en ce inclus ceux des femmes (!) et d’un islam modéré, éclairé même, et un autre, conservateur et tyrannique, islamo-fasciste (pour reprendre le terme de Bernard-Henri Levy), aujourd’hui assassin en Lybie, en Syrie et ailleurs de sa propre population.

J’ai aussi tenu à répondre aux critiques sans fondement émises avant même notre réunion constitutive par l’une de mes collègues belge et verte. Un groupe d’amitié ne serait à ses yeux pas opportun, car nécessairement complaisant, et trop formel. Permettez-moi de ne pas mettre de gants, c’est n’importe quoi! Et c’est mal connaître surtout la réalité des groupes d’amitié qui sont bien au contraire des organes informels justement, et par définition, où peuvent se dire des choses impensables dans des enceintes plus formelles, où le langage diplomatique attendu est de rigueur.

Nous qualifier donc d’emblée de thuriféraires aveuglés et attirés par les honneurs d’un titre ronflant est parfaitement dénué de sens. Et peu amical pour le coup! Mais c’est une parenthèse sans importance. Et je la ferme.

Le Maroc est le premier pays partenaire à disposer d’un statut avancé auprès de l’Union européenne. Il est également Partenaire pour la Démocratie auprès du Conseil de l’Europe. Plus qu’une vitrine ou un laboratoire, c’est un acteur-clé sur la scène euro-méditerranéenne, dont l’avenir, dont le devenir pourra servir de catalyseur aux opinions voisines.

Une volonté d’aller de l’avant et de répondre aux attentes légitimes du peuple marocain s’est matérialisée dans l’allocution prononcée le vendredi 17 juin dernier par le roi Mohammed VI. Le nouveau contrat social que le souverain propose à son peuple, à travers une réforme constitutionnelle sans précédent sera soumis à un referendum le 1er juillet.

Révolution tranquille, révolution de velours diraient nos amis Tchèques. Visant les libertés fondamentales, les droits individuels, la séparation des pouvoirs, le corps judiciaire, le droit de la famille… la réforme proposée aux Marocains tranche par son avant-gardisme en terre arabe.

Pas assez? Pas assez vite? Nous serons attentifs certes aux revendications de tous, et aussi à celles du mouvement du 20 février. Autant pour la complaisance.

Car notre objectif à tous aujourd’hui en portant ce groupe d’amitié sur les fonts baptismaux est bien de favoriser le dialogue avec toutes les forces vives du Maroc et d’apporter notre soutien pour relever ensemble les défis de l’avenir partagé qui est le nôtre.

Et c’est sur… un verre de l’amitié que s’est conclue cette première session. L’agenda est chargé. Les accords Agriculture, Pêche, et la question du Sahara occidental se profilent à l’horizon politique. Nous les aborderons ensemble, et au mieux de nos intérêts partagés.

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