Frédérique Ries







Navires à la casse, le Parlement cède aux armateurs.

05/23/2013

Je suis dans le train de retour de Strasbourg, fatiguée, comme chaque fois, et fâchée. Le Parlement s’est couché ce midi, ce ne sera ni la première ni la dernière fois, mais cette fois, il s’en est fallu de peu.

Nous avons tous vu ces images. Des grands navires européens échoués sur les plages d’Asie du Sud-Est, en Inde, en Chine et surtout au Bangladesh. Enormes carcasses à bout de souffle et de vie, dépecées dans des conditions environnementales et sanitaires catastrophiques. Des tonnes et des tonnes d’acier, mais surtout de poisons chimiques: amiante, PVC, PCB, CFC, boues d’hydrocarbures, métaux lourds, gaz, déchets électriques, et même radioactifs… N’en jetez plus, la coupe est pleine. Peu étonnant que les armateurs résistent à tout changement, leurs navires leur rapportent deux fois plus à la tonne dans ces conditions! Il y va pourtant de nos principes, et de nos législations similaires pour d’autres produits en fin de vie. Les véhicules par exemple. A 7 voix, 7 courtes voix, le Parlement européen a rejeté la proposition de Fond alimenté par les propriétaires de gros navires et destiné à financer un recyclage « propre ». Le principe pollueur-payeur, ok, mais pas pour nous! On pouvait discuter des modalités de ce fond qui ne fait pas l’unanimité, (pour preuve!), pas de son principe. On risque donc bien de voir encore longtemps 90%de nos navires changer de drapeau à quelques encablures de la casse pour échapper à nos législations plus strictes et aller mourir ailleurs. A quel prix!

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