Frédérique Ries







Londres enclenche la procédure de Brexit. Et maintenant ?

03/29/2017

Alea jacta est, on y est. Londres demande aujourd’hui officiellement son retrait de l’Union européenne, ceux qui espéraient envers et contre tout une ultime volte-face en auront été pour leur frais.

Theresa May a signé hier soir à 21h la lettre, celle par laquelle elle annonce officiellement son intention d’activer l’article 50 du Traité européen, The Letter. C’est Tim Barrow, l’ambassadeur britannique, qui la remettra officiellement à Donald Tusk, le président du Conseil, vers 13h peu après un discours solennel de Theresa May devant les députés britanniques où elle devrait jouer la carte du rassemblement.

Neuf mois après un référendum où 51.9% de ses citoyens se sont prononcés pour le Brexit, 43 ans après les épousailles, le Royaume-Uni entame ce qui sera une longue, une très longue procédure de divorce, qui ne sera pas sans risque pour l’unité du pays puisque l’Écosse pro-européenne a demandé hier la tenue d’un second référendum sur son indépendance du Royaume-Uni.

Les deux parties ont deux ans pour se mettre d’accord sur les termes du divorce, partager les biens, les enfants, les dettes, les acquis, ET parler d’avenir. C’est dire s’il y a du pain sur la planche. Parmi les sujets brûlants : les nouvelles règles commerciales et tarifs douaniers avec l’UE, la coopération en matière de sécurité, ou encore le statut des Européens qui résident actuellement au Royaume-Uni et inversement.

Il faudra également régler l’ardoise, pas question de filer…à l’anglaise. L’Union pourrait présenter une addition proche des 60 milliards d’euros pour achever le financement des programmes déjà lancés. L’impact du Brexit sur le commerce et les investissements au Royaume-Uni pourrait rendre la facture totale plus salée encore, de -2% de PIB à l’horizon 2030 pour Oxford Economics, à -9% selon le Centre for Economic Performance de la London School of Economics, soit une moins-value de 7 300 euros par foyer, rien que ça.

Le Conseil devrait communiquer en avril ou mai ses lignes directrices à la Commission européenne, qui mènera les négociations au nom de l’UE, lesquelles devraient s’achever à l’automne 2018. De quoi laisser ensuite quelques mois au Conseil et aux parlements européen et britannique pour valider l’accord avant une sortie du Royaume-Uni en mars 2019.

« Messieurs les Anglais, tirez les premiers… », le comte d’Anteroches ignorait que ses mots résonneraient si singulièrement en Europe près de 300 ans après la bataille de Fontenoy, comme les Anglais semblent oublier aujourd’hui que leurs troupes à l’époque avaient perdu la bataille 😊

Pour Frédérique Ries, Députée européenne MR, « C’est certain, il faudra rondement mener les négociations, car deux ans c’est très court. À titre de comparaison, il a fallu trois ans pour organiser la sortie du Groenland après son indépendance du Danemark, alors qu’il n’y avait quasi que la question du poisson à régler. » Et d’ajouter « Quoi qu’il en soit le sujet aujourd’hui n’est pas tant celui du Royaume-Uni que de l’Europe, le Brexit doit être l’occasion pour les Européens de se compter. Cette Europe là, à deux vitesses mais inclusive est celle qui relancera la dynamique, le projet et pourquoi pas le rêve.»

Suivez la conférence de presse du président du Parlement européen, Antonio Tajani, et de Guy Verhofstadt, coordinateur du Parlement pour le Brexit à partir de 17h00 ici.


Contact:

Allan Sam
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49

 

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