Frédérique Ries







Les Monsanto leaks s’invitent au Parlement européen

05/31/2017

Le glyphosate de nouveau sur la sellette hier matin en commission de l’environnement. Les députés européens se penchent une fois de plus sur l’herbicide le plus utilisé au monde, commercialisé depuis 1974, et fortement controversé étant donné les inquiétudes sur son caractère cancérigène, mutagène et de perturbateur endocrinien.

Leur demande à l’attention de la Commission est claire : il faut qu’elle enquête pour s’assurer que les études des agences européennes (l’EFSA en novembre 2015 et celle des produits chimiques en mars 2017 l’ECHA) qui ont « blanchi » le glyphosate n’ont pas été rendues sur base des documents biaisés fournis par Monsanto. Et donc en attendant, il est impératif de suspendre le processus de ré-homologation du glyphosate, le temps de faire toute la lumière sur cette affaire.

Quoi de neuf ?

L’initiative des députés européens fait suite à la dé-classification par la justice fédérale américaine en mars dernier de plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique Monsanto, suite à une action collective portée par des travailleurs agricoles atteints de cancer devant une cour fédérale de Californie. Et les documents ont parlé : Monsanto s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup.

Or le 15 mars, à la veille de la publication de cette documentation confidentielle, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène.

Pour rappel

Le Parlement européen avait clairement pris position dans sa résolution adoptée le 13 avril 2016 pour une ré-autorisation du glyphosate limitée à sept ans et à des fins uniquement professionnelles. Les députés européens sont clairement sur une ligne « pro santé-publique », pour l’interdiction du glyphosate dans les parcs publics, les plaines de jeux et les jardins publics, et pour l’approbation accélérée des pesticides à faible risque. Du côté des États membres, c’est moins clair et faute de consensus entre eux, l’autorisation en cours du glyphosate a été prolongée provisoirement pour 18 mois.

Pour la députée européenne Frédérique Ries : « il y aura à l’évidence un avant et un après l’affaire glyphosate. La procédure d’évaluation des risques des produits chimiques doit être revue, afin de couper le lien de dépendance des experts des agences européennes vis à vis des informations transmises par les industriels de l’agrochimie. Le recours au principe de précaution comme mode d’action politique est également nécessaire afin de protéger la santé des particuliers et agriculteurs, qui comme utilisateurs réguliers sont trop souvent les victimes indirectes d’intérêts purement mercantiles».


Contact :

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49

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