Frédérique Ries







L’absinthe en quête de définition!

02/02/2013

C’était jour de votes ce matin en commission. Techniques, comme d’habitude.

Pour le premier, il s’agissait d’autoriser le secteur de l’aviation à bénéficier d’une exclusion du système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effets de serre. Dérogation temporaire, et locale, elle concerne les années 2010, 2011 et 2012 et les vols extérieurs à l’espace économique européen.

Puis le deuxième débat, plus terre-à-terre si j’ose dire, puisqu’il concerne l’absinthe!

Sur la table, une proposition de la Commission pour une définition européenne de cette liqueur d’herbes. L’Assommoir décrit au vitriol par Emile Zola, la fée « aux verts piliers » de Rimbaud, Verlaine et de tant d’intellectuels du 19è siècle.

Réintroduite après 80 années d’interdiction, elle a fait l’objet d’un curieux débat ce matin. En piste, nos collègues allemands, presqu’exclusivement. Mmmm…cela sent la bataille commerciale.

Et de fait.

Le rapporteur, allemand, propose de rejeter la proposition de la Commission, compromis pourtant accepté par 26 Etats membres sur 27. La définition est importante, il s’agit pour le secteur que n’importe quel produit ne puisse être vendu sous cette appellation. Et je découvre la thuyone, (pas une insulte, non, non, mais la principale molécule de l’huile essentielle d’absinthe), et l’anéthol, révélateur de la présence d’anis. C’est grâce à celui-ci que se produit le louchissement de l’absinthe, top non? C’est quoi me direz-vous? Et bien, comme son nom l’indique, c’est une façon de décrire le trouble qui saisit l’eau de votre pastis quand vous l’ajoutez à la liqueur 😉 N’en jetez plus. Au-delà des seuils et des définitions, il s’agit je vous le disais, d’une bataille commerciale.

Les producteurs suisses du Val-de-Travers (je vous jure qu’ils s’appellent comme cela) entendent se réserver à eux-seuls l’appellation, en arguant de l’indication géographique. Au grand dam bien évidemment des producteurs de spiritueux français, Ricard en tête de peloton, qui hurlent au hold-up.

Pour une raison que je dois encore déterminer, mes amis allemands ont pris fait et cause (d’intérets communs) pour leurs amis suisses, et ont été suivis je dois l’avouer par la grande majorité de la commission Envi. Prochaine bataille en plénière. Je vous tiens au courant si Ricard me propose un verre de l’amitié 😉



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