Frédérique Ries







Des pesticides à faible risque, possible ?

02/14/2017

Réunis hier soir pour débattre de la question des pesticides biologiques à faible risque, les députés européens ont mis la pression sur la Commission pour qu’elle mette en place une procédure accélérée d’homologation pour ce type de substances.

Une manière claire et directe de se faire l’écho des préoccupations citoyennes face aux risques potentiels que font peser les produits phytosanitaires sur la santé humaine, sur les animaux et sur l’environnement.

De nombreux travaux tendent à montrer l’implication des pesticides dans la survenue de certaines pathologies. En juin 2013, l’Inserm en France publiait une synthèse d’études basée sur trente ans de travaux épidémiologiques et toxicologiques, menés sur une population professionnelle (agriculteurs, viticulteurs, mais aussi fabricants de pesticides). Le résultat est sans appel : les données récoltées font apparaître un lien fort entre l’exposition professionnelle aux pesticides et l’apparition de la maladie de Parkinson, d’un lymphome non hodgkinien, d’un cancer du sang ou de la prostate.

En Europe, on attend toujours que la Commission et États membres s’accordent sur une définition des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques qui troublent le fonctionnement hormonal des êtres vivants, afin d’en limiter l’impact.

Chiffres à l’appui

– 400.000 tonnes de pesticides vendus dans l’UE en 2014, dont 55% rien qu’en Espagne, Italie et France.

– Dans un Eurobaromètre spécial de novembre 2010 sur les risques alimentaires, la présence marquée de résidus de pesticides dans les fruits, les légumes ou les céréales apparaissait comme la préoccupation première des citoyens européens. Avec des chiffres interpellants : 91% en Grèce, 85% en Italie et 72% en Belgique, pour ne citer que ces pays.

Le contre-exemple du roténone, un insecticide naturel dangereux

L’utilisation de la roténone a été interdite (à la commercialisation en octobre 2008 et à l’utilisation un an plus tard) par la Commission européenne, suite à des études démontrant sa toxicité. La roténone, insecticide naturel, extraite de différentes plantes tropicales, était pourtant utilisée depuis des décennies en agriculture biologique.

Leçon à retenir: tout ce qui est naturel n’est pas sans danger.

Que demandent les députés européens ?

frederique-ries-mariee-femme-politique-parlement-europeen-biopesticides-pesticides-bio-sante-agriculture-cancer-naturelPartant du constat que seulement six substances actives d’origine biologique, classées comme étant «à faible risque», sont approuvées dans l’UE, le Parlement européen demande à la Commission de présenter avant la fin de l’année 2018 une proposition législative mettant en place une procédure accélérée d’homologation des bio- pesticides à faible risque.

C’est le seul moyen de rattraper le retard pris sur les Américains et Japonais qui ont déjà autorisé la mise sur le marché d’environ 300 substances actives d’origine biologique. C’est surtout une bonne manière d’élargir le choix des agriculteurs et des cultivateurs qui, pour le rendement de leurs récoltes, doivent disposer de produits moins nocifs mais efficaces contre les nuisibles.

Pour Frédérique Ries, auteur de la résolution, c’est tout sauf un hasard si le Parlement européen s’est saisi de ce sujet : « face aux inquiétudes grandissantes d’une partie importante de la population sur l’utilisation massive de pesticides chimiques et ses conséquences sur la santé, l’environnement et la qualité des sols, nous nous devons d’apporter une réponse. Il s’agit avec cette résolution de permettre aux agriculteurs comme aux particuliers de bénéficier d’une offre de produits de protection des cultures plus variée et de s’orienter vers une agriculture plus durable ».

Et de conclure : « les pesticides bio sont un marché prometteur et important pour le devenir de notre agriculture. Je me réjouis que la Belgique soit à la pointe de l’innovation dans ce domaine et que par exemple, une spin-off de l’université de Namur (Fytofend) ait mis au point une alternative naturelle aux pesticides, efficace dans la protection des vignes et des cultures légumières, et homologuée EU depuis 2014 ».

 

Voir l’article sur facebook

 

Contact :

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49

 

Facebook

Twitter

Article1

Article2



Partagez !
Print this pageEmail this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+Share on TumblrPin on PinterestShare on Reddit