Frédérique Ries







Santé animale : les députés intensifient la lutte contre les maladies transmissibles

03/09/2016

Les députés européens ont adopté hier de nouvelles mesures visant à mieux prévenir et contrôler les épidémies de maladies animales.

Le dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les maladies animales révèle que près de 75 % des nouvelles maladies qui ont touché les humains ces dix dernières années, comme le virus du Nil occidental, proviennent d’animaux ou de produits d’origine animale. Avec 13,7 millions d’élevages de bétails sur le territoire européen, le risque est grand pour les consommateurs.

Les enjeux ne concernent pas seulement la sécurité alimentaire et la santé publique, ils sont aussi financiers : les zoonoses, ces maladies et infections animales, coûtent chaque année des centaines de millions d’euros aux éleveurs. En 2007 par exemple, la fièvre catarrhale décima un sixième du cheptel ovin en Belgique, avant d’infliger des pertes estimées à 130 millions d’euros aux Pays-Bas et plus d’un milliard d’euros en France.


Un cadre législatif unique

Dans une volonté de simplifier et moderniser les dizaines de règlementations existantes en la matière, la Commission a présenté en 2013 un paquet législatif unique qui pour la première fois établit un lien clair entre bien-être animal et santé de la population.

Priorité à la prévention et au contrôle

Les nouvelles règles mettent d’avantage l’accent sur la prévention et détaillent un ensemble de mesures à mettre en œuvre selon le degré de transmissibilité des infections et les risques qu’elles posent. En tout, c’est une quarantaine de maladies qui sont concernées, telles que la fièvre aphteuse, la grippe aviaire, la peste équine, et la peste porcine classique et africaine. Cette liste pourra être révisée régulièrement et une procédure d’urgence permet d’y ajouter rapidement une maladie émergente.

Le texte clarifie les responsabilités des différents acteurs de la santé animale, qu’ils soient agriculteurs, vétérinaires ou qu’ils travaillent dans des abattoirs, et leur demande d’appliquer les principes reconnus de bonnes pratiques en terme d’hygiène des locaux et du matériel, et d’isolation des bêtes infectées.

santé animaleLes députés européens ont enfin souhaité souligner le problème de la sur-médication des animaux, qui participe à l’inquiétante montée du nombre de bactéries résistantes aux antibiotiques. Les vétérinaires auront ainsi l’obligation de sensibiliser les exploitants à ce sujet, et ces derniers seront responsables d’une utilisation raisonnée des médicaments vétérinaires dans leurs fermes.
L’adoption du texte en séance plénière représentait la dernière étape avant sa publication au Journal de l’UE et son entrée en vigueur.

Pour Frédérique Ries, « Face à des épidémies qui ne connaissent pas les frontières, une action coordonnée au niveau européen est nécessaire. Pour la seule période 2005-2011, les programmes de lutte contre les maladies animales transmissibles ont représenté près de 75% du budget européen consacré à la sécurité alimentaire. L’accent mis sur la prévention est donc essentiel et doit reposer sur un programme responsable d’utilisation des antibiotiques”.

Contact:

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49