Frédérique Ries







Obésité en hausse: l’OMS et le monde scientifique tirent la sonnette d’alarme!

04/11/2016

L’humanité est en pleine croissance, non seulement en termes du nombre des naissances, mais aussi en ce qui concerne la taille de ceinture. C’est la conclusion que l’on peut tirer de l’étude récente publiée dans la revue scientifique The Lancet selon laquelle la population mondiale devrait grossir en moyenne de 1,5 kg tous les 10 ans.

Cette analyse compilée sur la prévalence de l’obésité est d’une ampleur exceptionnelle. Elle reprend pas moins de 1 698 études mesurant l’indice de masse corporelle des adultes dans 200 pays réalisées entre 1975 de 2014 et auxquelles ont participé 19.2 millions de personnes.

Des chiffres alarmants

• Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’1,9 milliard d’adultes étaient en surpoids en 2014 dans le monde, dont environ 600 millions d’obèses, 375 millions de femmes et 266 millions d’hommes.

• La prévalence de l’obésité a plus que doublé au niveau mondial entre 1980 et 2014. Et en 2010, l’OMS estimait qu’environ un enfant sur trois âgé entre 6 et 9 ans était en surpoids dans l’UE.

L’Europe n’est pas épargnée

Le 6 mai 2015 lors d’un congrès européen sur l’obésité, l’OMS dressait un tableau inquiétant de la montée de cette maladie en Europe qui verrait par exemple 57% des femmes irlandaises et 40% de la population grecque obèses en 2030. Soit autant de facteurs de risques aggravant pour les maladies cardio-vasculaires, les diabètes de type 2, l’apnée obstructive du sommeil, ou encore certains types de cancer.

Pratiquement que fait l’UE?

Dans le cadre de sa lutte contre l’obésité à l’école, l’UE vient de renforcer ses législations de 1977 et 2007 dans le contexte actuel de baisse de la consommation de fruits et légumes frais et de produits laitiers chez les jeunes. La campagne « Manger sain pour se sentir bien » a pour objet d’offrir gratuitement des fruits et légumes aux écoles des 28 États membres qui y participent.
Précision qui a son importance, chaque pays pourra choisir les produits qu’il souhaite distribuer (fruits et légumes, produits transformés à base de fruits et légumes, lait de consommation et ses variantes sans lactose).

L’enveloppe globale est de 250 millions d’euros par année scolaire. Un soutien financier bienvenu mais qui ne s’attaque pas aux racines du problème.

L’Europe doit agir sur la prévention, en particulier auprès des catégories sociales les plus démunies

Même si l’obésité affecte l’ensemble de la population, ce sont les catégories sociales les plus démunies qui sont les plus touchées. Ces dernières sont en général moins réceptives aux campagnes de prévention et ont, faute de moyen, plus de difficultés à les mettre en pratique.

3 leviers législatifs doivent être actionnés pour des résultats concrets:

• limiter la publicité mettant en avant les produits alimentaires « de profil nutritionnel défavorable »,

• permettre des campagnes de communication gratuites à la télévision,

• et mettre en place un système d’étiquetage au niveau européen simple et lisible. C’est à dire un modèle d’échelle de couleurs à apposer sur les emballages des produits pour orienter les choix alimentaires des consommateurs vers les aliments de meilleure qualité nutritionnelle.

Pour Frédérique Ries: “Il y a 10 ans les propositions que je mettais sur la table dans mon rapport sur la lutte contre l’obésité restent toutes d’actualité: campagnes de sensibilisation à la télévision aux heures de grande écoute contre la consommation de produits trop gras et trop sucrés, multiplication par deux des cours obligatoires d’éducation physique à l’école et une fiscalité attractive pour les fruits et légumes. Le constat est amer, l’obésité est certes une maladie visible mais elle reste sous-estimée par les pouvoirs publics.”

Pour la députée libérale, il est temps de changer de stratégie: “Les autorités doivent faire preuve de la même détermination dans la lutte contre l’obésité que celle qui est mise, souvent avec succès, dans les campagnes en faveur du port de la ceinture de sécurité ou pour informer des dangers du tabagisme.”

Contact:

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49