Frédérique Ries







Le Parlement européen s’attaque aux infections nosocomiales

05/19/2015

Le débat en plénière de ce lundi soir au Parlement européen sur “des soins de santé plus sûrs en Europe” est l’occasion de faire le point sur ce qui est bien plus qu’une anomalie sanitaire: des patients sont parfois plus malades lorsqu’ils sortent de l’hôpital qu’en y entrant, un comble!

Les chiffres qui font mal:

  • Quelque 7% des patients belges sont contaminés par une infection nosocomiale lors de leur séjour à l’hôpital.
  • En 2012, date du dernier recensement, 111.276 Belges ont ainsi été contaminés par ces infections, majoritairement contractées aux soins intensifs, en chirurgie et en gériatrie. Environ 3.000 personnes en ont perdu la vie.
  • La moyenne européenne s’élève à 3,5%, ce qui classe la Belgique parmi les mauvais élèves. Seuls l’Islande et le Portugal obtiennent de pires résultats.

À l’échelle de l’Europe des 28, plus de 3 millions de personnes sont victimes chaque année d’infections dans des établissements de soins. Les plus fréquentes sont les infections urinaires, les pneumonies, les infections au niveau de la zone du corps qui a été opérée et les infections généralisées, type septicémies et bactériémies.

Pour la députée européenne, Frédérique Ries: “Septante ans après l’introduction de la pénicilline dans le traitement des infections microbiennes chez l’homme et l’animal, les microbes sont toujours un fléau bien vivace qui ont aussi trouvé refuge dans les hôpitaux. Il n’y a décidément plus de temps à perdre, il faut privilégier la prévention des infections et la création de nouveaux antimicrobiens”.

Des raisons d’espérer avec un geste simple

Environ 40% du personnel soignant ne respecterait pas les règles d’usage pour l’hygiène des mains, une des causes principales de la propagation de microbes. Loin de vouloir stigmatiser un corps professionnel compétent et dévoué travaillant souvent dans des conditions d’urgence, les patients européens sont en droit d’attendre cependant plus de sécurité via une meilleure surveillance des règles d’hygiène du personnel hospitalier.

2 propositions phares pour éliminer une bonne partie des microbes en milieu hospitalier:

investir dans la recherche de nouveaux antibiotiques efficaces, en particulier contre des maladies particulièrement susceptibles d’être résistantes aux antimicrobiens, telles que K. pneumoniae, E. coli, le VIH, le staphylocoque doré, ou la tuberculose.

– renforcer les programmes intensifs d’hygiène et de contrôle, en particulier le dépistage précoce des souches résistantes et l’isolement des patients atteints d’infections bactériennes graves.

Et la députée MR de préciser: “Nous connaissons tous une personne dans notre entourage qui a attrapé une bactérie virulente à l’hôpital. Le sujet des infections nosocomiales doit devenir une priorité de santé publique, en Belgique comme en Europe”.