Frédérique Ries







La Commission européenne reporte une nouvelle fois son rapport sur l’alcool et c’est le consommateur qui trinque!

11/30/2015

Peu nombreux sont les consommateurs à savoir qu’un verre de vin comporte autant de calories qu’une crème glacée du type cornetto ou que deux verres de cidres sont l’équivalent calorique d’un hamburger du type Big Mac.

D’après les dernières informations, la Commission ne semble visiblement pas pressée de le faire savoir et contrairement à ses engagements, elle ne publiera pas pour fin 2015 un rapport sur l’étiquetage des boissons alcoolisées.

 

Une situation bloquée

Actuellement, les boissons alcoolisées sont exclues de la règlementation européenne sur l’étiquetage nutritionnel de 2011. En cause, l’incapacité des législateurs à se mettre d’accord sur une définition des alcopops, à savoir les boissons contenant un mélange d’alcool et de jus ou de soda (exemples: jus d’orange et vodka, bière et limonade, whisky et cola). Ces dernières visent en priorité via un packaging accrocheur et festif les adolescents et les jeunes adultes, ce qui justifie une attention particulière.

Un étiquetage, simple et lisible, permettrait pourtant de connaitre les ingrédients, la valeur nutritive et la teneur en calorie des boissons alcoolisées comme c’est le cas pour la plupart des autres produits alimentaires. C’est d’ailleurs ce que réclament les associations de consommateurs.

 

Une impatience grandissante

Le Parlement européen a manifesté à plusieurs reprises son mécontentement face à l’inaction de l’exécutif européen. En avril dernier, il adoptait une résolution afin de demander une nouvelle stratégie européenne en matière d’alcool concernant les mineurs et l’étiquetage.

Durant les derniers mois, certains secteurs de l’industrie des boissons alcoolisées ont même décidé de fournir volontairement les informations. C’est ainsi que les brasseurs européens ont annoncé en mars leur intention de lister les ingrédients et les informations nutritionnelles sur leur produit. C’est dire si l’impatience se fait aussi sentir du côté des producteurs.

 

Un étiquetage nécessaireQ mark bottle

L’abus d’alcool est la deuxième cause de maladies liées au mode de vie dans certains États membres et la dépendance à l’alcool est un facteur de risque dans plus de 60 maladies chroniques. Ce fléau provoque annuellement 3,3 millions de décès prématurés dans le monde et est responsable de plus de 7500 décès sur les routes en Europe.

Mise à part la problématique sanitaire, c’est aussi le droit à l’information du consommateur qui est en jeu.

Pour Frédérique RIES: “la Commission doit honorer ses promesses en matière d’étiquetage des boissons alcoolisées qui sont consommées régulièrement par une grosse tranche de la population, de plus en plus jeune. Il me parait évident que les consommateurs doivent être informés de ce qu’ils boivent, au même titre que de ce qu’ils mangent.”

Et de préciser: “nous ne demandons pas la lune à la Commission, et surtout pas de légiférer dans l’urgence et à l’excès, mais simplement que le consommateur puisse exercer son libre choix en toute connaissance de cause.”

 

Tous les projecteurs restent tournés vers la Commission, mais le chemin risque encore d’être long avant de pouvoir trinquer à la mise en œuvre de l’étiquetage des boissons alcoolisées.

 

Contact

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49