Frédérique Ries







Énergies renouvelables : le boom se fait attendre en Belgique

02/22/2016

Moins bon qu’il n’en a l’air le bulletin de la Belgique? C’est bien ce qui ressort des derniers chiffres livrés par Eurostat. Si nous avons fait mieux que quadrupler la part d’énergie provenant de sources renouvelables (éolien en mer, éolien terrestre, hydraulique, biomasse, etc.), nous sommes loin encore de l’objectif fixé à l’horizon 2020, contrairement à d’autres bons élèves de la classe qui l’ont atteint, ou quasiment!

Certes, la Belgique bénéficie de circonstances atténuantes, à l’évidence les vingt-huit États membres ne sont pas tous égaux pour assurer leur transition énergétique. Les caractéristiques géographiques et topographiques diffèrent vraiment d’un territoire à l’autre.

La Belgique n’a pas les massifs montagneux de l’Autriche et n’est pas recouverte de forêts comme la Suède.Chaque État membre s’est donc vu attribuer en 2010 un objectif personnel tenant compte de ses spécificités nationales, en fonction desquelles il a été décidé que la Belgique devrait en 2020 produire 13%, au moins, de son “mix énergétique” avec des énergies renouvelables.

Des énergies renouvelables pour quoi faire?

En Belgique, les énergies renouvelables sont majoritairement utilisées dans trois secteurs, la production de chaleur (50%), l’électricité (40%) et le transport (10%).La chaleur renouvelable est produite presque intégralement par une source biomasse (bois de chauffage, bûches, sous-produits agricoles, forestiers et déchets organiques).

La production d’électricité renouvelable provient principalement de l’éolien sur terre et mer, des panneaux photovoltaïques et des centrales thermiques. La Belgique peut d’ailleurs se targuer d’être le 4ème plus gros producteur européen d’électricité issue de l’éolien offshore, pas étonnant avec ses 66 km de côte.Les énergies renouvelables, via les biocarburants alimentent le secteur du transport.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

• La population y est très largement favorable puisque selon un sondage IPSOS réalisé en 2015, 88 % des Belges demandent un plus grand soutien aux énergies renouvelables de la part des pouvoirs publics.
• Dans le cas de figure où la Belgique tirerait 20% de son énergie de sources renouvelables en 2020, le retour local sur investissement équivaudrait à environ 45%.
• Dommage donc que le gouvernement wallon ait choisi en avril 2015 de donner un coup de frein aux renouvelables en repoussant de six ans, de 2020 à 2026, l’objectif de 8.000 gigawatt-heure (GWh) d’électricité verte.


Avec des créations d’emplois à la clef

Même si la Commission européenne s’est quelque peu emballée en claironnant que “jusqu’à 20 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2020 dans l’économie verte”, la tendance est bel et bien là: investir dans les énergies renouvelables est une évidence pour les économies post-industrielles qui restent trop dépendantes des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon).

C’est aussi le meilleur moyen de créer des emplois de qualité. En Belgique, le Bureau Fédéral du plan s’est exercé à calculer l’impact sur l’emploi en septembre 2013 dans un document intitulé “Des emplois dans les énergies renouvelables ? Le travail ne manque pas”. Et le résultat est encourageant avec 21.000 emplois directs attendus dans une fourchette basse.

L’argument est imparable, les profils de compétence (ingénieurs, techniciens, informaticiens,…etc.) qui sont les plus recherchés pour les filières vertes (installation et entretien des panneaux solaires ou de turbines, certification des importations, isolation des bâtiments, installation de pompes à chaleur, etc.) correspondent à des métiers déjà en pénurie.

Pour Frédérique Ries: “Il y a fort à parier que les énergies renouvelables soient la première source d’énergie d’ici à 2030 au niveau mondial, la Belgique a tout intérêt à miser sur le secteur des énergies propres, ne serait-ce que pour diminuer sa dépendance énergétique, une des plus importantes en Europe aujourd’hui”.

Et d’ajouter: “la Belgique doit relever ce défi de la transition vers une économie moins polluante et moins énergivore. Les autorités belges doivent se rendre compte que l’électricité produite, par exemple par le vent ou le soleil, n’est plus seulement propre, elle devient rentable”.

Tableau de comparaison « Eurostat »

NRJ renouve


Contact:

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
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