Frédérique Ries







Commerce des produits dérivés du phoque: pour le PE, c’est non, sauf pour les Inuits!

06/05/2015

Après celle du Commerce international, la commission du Marché intérieur s’est prononcée hier matin sur cette question sensible, et a clairement renforcé l’embargo décrété par la Commission européenne.  Depuis 2010 en effet,  personne n’a le droit de vendre la viande, l’huile et bien évidemment la fourrure de phoque sur le sol européen, des produits destinés à un commerce de vêtements, de cosmétiques, mais aussi de mobilier ou de spécialités culinaires.

 Cet embargo touche les 18 espèces de phoques actuellement répertoriées dans le monde, dont les 4 espèces de phoques arctiques.

 Une interdiction donc, mais à deux exceptions près: la dérogation (dite CI) accordée aux Inuits et aux autres communautés indigènes, et celle (dite GRM) dont bénéficie la chasse pratiquée à petite échelle dans l’objectif d’une gestion durable des ressources marines.

 C’est cette deuxième dérogation qui justifie le fait que l’Europe soit forcée aujourd’hui de revoir sa copie, le Canada et la Norvège ayant porté plainte à l’OMC, la jugeant non justifiée.

Pour Frédérique Ries, membre de la commission du Commerce international: “il s’agit de mettre le curseur au bon endroit, de tenir compte des standards du bien-être animal du XXIème siècle tout en intégrant les traditions millénaires de chasse des Inuits”.

 L’Union européenne se retrouve en première ligne sur ce dossier depuis de très longues années, depuis l’adhésion du Danemark en 1973 en réalité, qui défend les intérêts du Groenland, et de son importante communauté inuite. La chasse du phoque est là-bas plus qu’une tradition ancestrale, une ressource vitale qu’il est impératif de conjuguer aujourd’hui avec nos exigences non-négociables en matière de bien-être animal.

 Les députés européens ont donc rappelé avec insistance que toute forme de chasse sur les blanchons (les bébés phoques), les femelles allaitantes et bien évidemment les espèces protégées en Europe (tels les phoques Moine de Méditerranée et finlandais) était interdite.

Ils ont également confirmé la proposition de la Commission européenne de supprimer la dérogation pour la chasse à petite échelle, l’Organisation Mondiale du Commerce l’ayant jugée injustifiée.

 Il était essentiel pour le PE de condamner toutes les méthodes de chasse cruelles ou amorales, ou d’espèces protégées, tout en assurant la pérennité  des communautés pour qui ces ressources sont vitales.