Frédérique Ries







Chasse à la baleine: les députés européens mettent la pression sur le Japon

04/08/2016

La commission de l’environnement du Parlement européen a adopté ce mercredi après-midi une question orale sans équivoque pour mettre un terme à la reprise de la chasse à la baleine par le Japon. Dans le collimateur des députés européens, la décision prise unilatéralement par l’Agence japonaise de la pêche en novembre 2015 de relancer cette activité. Elle permettrait l’abattage de 333 petits rorquals au cours de la saison 2015-2016 et d’un total d’environ 4 000 baleines sur 12 ans.

Les auteurs de ce texte, au premier rang desquels Frédérique Ries, dénoncent une pratique inconciliable avec les standards modernes de recherche scientifique et le fait que l’abattage de baleines constitue une violation claire du droit international. Le 31 mars 2014, la Cour internationale de justice (CIJ) ordonnait au Japon de cesser la chasse annuelle de baleines dans l’océan Antarctique, définissant cette pêche comme une activité commerciale.

C’est avec un objectif clair que Frédérique Ries interrogera la Commission européenne et le Conseil lors de la session plénière d’avril : mettre la pression sur le Japon pour qu’il revienne sur sa décision.

L’interdiction de la chasse commerciale à la baleine souvent contournée

• En 1986, la Commission baleinière internationale (CBI) interdisait toute chasse commerciale. Mais qui dit principe dit dérogation, comme celle prévue pour la chasse à finalité scientifique qui fait toujours débat.

• En 2010, le gouvernement australien, lassé de voir le Japon harponner les eaux de l’océan austral sous de faux prétextes scientifiques avait saisi la Cour de la Haye estimant que le Japon violait le moratoire sur la chasse commerciale. 4 ans plus tard, la CIJ condamnait les autorités japonaises.

• Le Japon a tergiversé mais ne s’avouait pas pour autant vaincu : le 1er décembre 2015, il revenait avec un nouveau plan de chasse «JARPA III» davantage axé sur les arguments scientifiques, toujours en s’appuyant insidieusement sur cette exemption qui est dénoncée en particulier par l’ONG Sea Schepherd.

Des arguments scientifiques et économiques douteux

L’intérêt économique disparaît doucement mais sûrement. C’est ainsi qu’une majorité des extraits de baleine rentrant dans la composition des produits cosmétiques ou pharmaceutiques peuvent désormais être remplacés par d’autres substances, souvent végétales, notamment le jojoba.

L’intérêt scientifique est lui aussi mis à mal depuis un moment. Pour bon nombre d’écologistes et scientifiques il n’est pas nécessaire de tuer les baleines pour les étudier, grâce à l’avènement de nouvelles technologies: caméras, satellites, échantillons ADN, etc.

Question orale

La question orale de huit membres de la commission de l’environnement dont Frédérique Ries s’oppose à la reprise de la chasse à la baleine. Les députés européens demandent à quels moyens juridiques et diplomatiques la Commission et le Conseil entendent recourir pour faire pression sur le Japon. Et suggèrent in fine d’engager une procédure judiciaire afin de faire respecter l’arrêt de la Cour Internationale de Justice par le Japon.

Pour Frédérique RIES: « Il faut empêcher par tous les moyens que le Japon ne poursuive cette chasse illégale fondée sur des arguments scientifiques et économiques qui n’en sont pas »
Elle précise: « le Japon a toujours été un partenaire fiable pour l’UE comme en témoigne l’accord de libre-échange actuellement en négociation. L’Europe a donc plusieurs cartes en main pour faire pression sur le Japon et protéger l’écosystème marin de la planète.»

Contact:

Patrice Audibert
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49