Frédérique Ries







Des fraises espagnoles bourrées d’insecticides sur nos étals ? Frédérique Ries demande à la Commission d’intervenir

04/03/2017

Samedi 27 mars dans un supermarché de Barchon près de Liège, la petite Anna (le nom a été changé), six ans et demi, fond devant des œufs en chocolat. Sa maman, la santé de sa fille en tête, leur préfère finalement deux raviers de fraises, même si ce n’est pas la saison, et même si ce ne sont pas des fraises de Wépion pour une fois, mais des fraises espagnoles. Prise de violents maux d’estomac l’après-midi, Anna se réveille le lendemain gonflée, couverte de plaques, brûlante de plus de 39°C de fièvre. Le médecin de famille et une pédiatre confirment les craintes de la maman, les fraises pourraient bien être coupables.

L’Espagne est le premier producteur de fraises en Europe avec 350 000 tonnes par an, provenant principalement de la région de Huelva, près de l’embouchure du Guadalquivir. À titre de comparaison, la vingtaine de producteurs de Wépion dépasse à peine les 500 tonnes par an.

Le secret d’un tel rendement ? Madrid fermerait les yeux sur le type de pesticides utilisés par les cultivateurs espagnols. Un agriculteur français, Jean-Claude Terlet, a porté plainte contre l’Espagne et demande à la Commission européenne d’agir. Il dit avoir des preuves que ses concurrents ibériques utilisent de l’endosulfan, un insecticide prohibé en Europe connu pour ses effets néfastes sur le système nerveux central, et deux substances cancérigènes interdites en Europe, la chloropicrine et le bromure de méthyle, de puissants désinfectants. L’ONG Générations futures a mené l’enquête en 2013 et le résultat est là aussi sans appel : près de 20% des fraises espagnoles contrôlées contenaient soit des résidus d’un produit phytopharmaceutique interdit d’utilisation sur la fraise, soit tout bonnement proscrit dans l’Union européenne depuis des années.

Une manière de cultiver qui contraste avec les techniques de production raisonnée d’usage dans le Namurois et qui réduisent les pesticides au profit de méthodes naturelles, comme avoir recours aux araignées rouges et coléoptères pollinisateurs pour dévorer les nuisibles par exemple. Deux modèles de fraisiculture, et deux prix à l’étal : de quatre à six euros le ravier à Wépion contre deux euros seulement pour les fresas andalouses.

Dans son rapport annuel de 2013, l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) attirait déjà l’attention de la Commission sur les fraises en général, aliment pour lequel les limites maximales de résidus sont le plus souvent dépassées en Europe. L’infraction a été constatée pour plus de 2,5% des fraises contrôlées, et dans largement plus de la moitié des cas c’est d’un cocktail de pesticides dont il s’agissait, particulièrement toxique.

Interpellée sur Facebook, Frédérique Ries, Députée européenne MR a tout de suite réagi : « Il sera difficile de prouver à 100% que le choc anaphylactique de cette petite Liégeoise est dû aux fraises espagnoles consommées, même si un faisceau d’indices très sérieux donnent à le penser. L’existence de ce doute met le doigt sur un problème de santé publique potentiellement très grave, auquel s’ajouterait de la concurrence déloyale. »

Elle ajoute : « J’ai immédiatement demandé à la Commission européenne d’intervenir, elle qui a la responsabilité d’assurer la bonne application des règles européennes. Y a-t-il manquement de la part des autorités de contrôle espagnoles ou bien sont-elles au courant ? Si oui, comment est-il possible qu’elles ne fassent rien ? La Commission a six semaines pour s’expliquer, le chronomètre est lancé. Pas question de jouer avec la santé des européens. »

Les deux questions de Frédérique Ries à la Commission :
Utilisation de pesticides et substances interdites dans l’agriculture fraisicole espagnole
Infraction par l’Espagne à la directive 2009128CE sur l’utilisation durable des pesticides

Contact:

Allan Sam
Assistant parlementaire de Frédérique Ries
02.284.75.49



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